La Porte-plume, à la fois un espace qui ouvre sur le rêve et la personne qui le créée en tant que créatrice.

L’univers d’Amélie est particulier, peuplé de personnages singuliers comme le fameux train en  route vers nulle part qui n’arrive jamais en gare (« Le train 3 »), ce fantôme condamné à errer pour l’éternité et qui ne trouve du réconfort qu’en terrorisant les enfants (« L’Errant »), cette Joconde s’amusant de le perspective de devenir un jour la dernière représentante de l’espèce humaine (« La dernière des filles du monde ») ou encre cette jeune fille au coeur immense qui souffre de solitude (« La maigrelette ») et qui sera heureusement repêchée par l’amour (« Le gros costaud »).

Parce qu’il y a de l’Amour dans les chansons d’Amélie. Qu’il se fasse tendre et teinté de la nostalgie de l’enfance (« Le linge de nos mères »), celui d’un quotidien dans lequel les amis ont tendance à disparaître (« Depuis »), ou d’un idéal pas si idyllique que ça (« La fève »).

Quand il ne s’agit pas d’amour, elle pose un regard amusé et poétique sur les péripéties du quotidien depuis la joie de porter des manteaux aux poches qui se remplissent de trésors au fil du temps (« Les manteaux »), en passant par quelques phobies (« De nous non ») jusqu’à un sujet dont les femmes se feront ambassadrices (« Les pissotières »). Parce que oui, les femmes savent se défendre et le revendiquent (« Calées sur la lune »).

A coté du quotidien, la Porte-Plume offre d’autres lieux. Un ailleurs sécurisant, en harmonie avec la nature dans lequel on se reconstruit (« Chamelet »), ou un endroit à la fin de toute chose où l’on transporte un arbre aux fruits ensoleillés pour retrouver une personne disparue trop tôt (« Le citronnier »). Pour devenir meilleur, il faut mettre ses chaussures et prendre la route (« Marchons »).

Car la Porte-Plume s’ouvre sur un voyage inoubliable, poétique et doux dont on revient à la fois émerveillé et grandi.