Parfois, il suffit d’une rencontre qu’apparaisse la musique. Celle qui nous intéresse aujourd’hui eut lieu entre le Père Charles Bonin et Alexis Falempin. Car c’est au cours de la conversation qu’eut lieu une troisième rencontre et un véritable coup de cœur à travers le temps. En effet, c’est Hildegard Von Bigen qui fut évoquée. Cette religieuse très en avance sur son temps fut à la fois docteur de l’église, médecin, herboriste, poétesse et compositrice. Il ne fallut pas longtemps pour que nos deux musiciens expérimentés Alexis Falempin et Jeremy Bayle tombent sous le charme de ce personnage avec qui ils partagent de nombreux traits communs. Très vite, ils mirent à jour certaines de ses compositions arrangées par Carlotta Ferrari sur lesquelles ils travaillèrent avec acharnement avant de décider de présenter le fruit de travaux : le duo Gymel était né.

Pour le concert, les deux musiciens ont présenté neuf pièces issus de son répertoire, certaines à cappella et d’autres agrémentées de cloches, d’harmonium, de cloches tubulaires, de tambours sur cadre et de grelots. Chaque chant en langue latine, parle de l’exaltation et de la gratitude envers Dieu. Il est beaucoup question de lumière et de beauté, ce qu’ont magnifiquement rendu les deux artistes en entremêlant leur voix.

Entre les chants, Jérémy Bayle et Alexis Falempin ont interprété des pièces musicales à la flûte à bec et au tambour sur cadre tirées pour la plupart de la Danse des jongleurs. Un beau pont entre le sacré et le profane.

Ce fut un très beau moment de musique. Cerise sur le gâteau : afin de rendre plus accessible le travail d’Hildegard Von Biden, Alexis Falempin a régulièrement donné des explications sur le travail de composition à l’époque de la grande dame.

Après ce magnifique concert, une question persistait : « Et pourquoi Gymel ? » Ce mot qui signifie « jumeau » en langue ancienne parle à nos deux musiciens qui ont tous les deux un jumeau. Il s’agit aussi de deux notes jouées à la tierce, élément interdit par la chrétienté et bravé par un compositeur anglais aimant entendre l’harmonie de ces notes « presque jumelles. »

Ce qu’incarne parfaitement le magnifique duo à qui je souhaite la plus belle des continuations.

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