Quand on regarde bien en prêtant l’oreille, l’album de Mathieu Barbances a des allures de contrebasse. Cela tombe bien car notre artiste est contrebassiste.

Déjà, la contrebasse est faite de bois. Comme le protagoniste d’une chanson. Je n’en dirai pas trop mais en écoutant « La première fois », vous saurez pourquoi.

Tout en haut de l’instrument se trouve la volute. Des circonvolutions de bois, qui tournent, prennent des détours, et qui balancent entre des choses et d’autres. Comme dans la chanson « La balade » ou on sa promène entre des émotions contradictoires.

Ensuite, nous avons les chevilles qui servent à fixer les cordes. Ici, nous avons ce qui permet à Mathieu Barbances de ne pas tomber : ses racines. Avec humour et tendresse, il nous raconte son enfance en tant que « Fils de coco ».

Nous avons donc parlé des cordes qui glissent et tombent le long de l’instrument. « Mais qu’est-ce qui te prend » raconte l’histoire d’une chute, d’une mort annoncée.

Sous les cordes se trouve le manche qui permettent de tenir l’instrument. Et ce qui permet à l’artiste de tenir, c’est « Sa bande ». Ses parents, sa famille, le public, il n’est jamais vraiment tout seul.

Ensuite vient la touche sur laquelle les doigts forment les notes. C’est peut-être un peu le siège de la pensée de l’instrument. Justement, Mathieu Barbances essaye de ne « Pas trop penser » à certaines vérités un peu effrayantes qui dérangent.

Après vient la table d’harmonie. L’harmonie, l’artiste la trouve dans un village de montagne où il retrouve le sens de sa vie « Dans les hivers longs ».

Arrivent les ouïes en S qui permettent au son de résonner à l’extérieur. Et l’artiste s’interroge sur une fenêtre ouverte sur l’extérieur mais qui réduit paradoxalement la vie sociale. Internet est chronophage et il nous le prouve avec « Le monde autour ». Et quand il regarde par la seconde ouïe, il se rend compte que lui et beaucoup d’autres sont « (Les) nombreux »à avoir un point commun.

Vient ensuite le cordier où sont attachées les cordes. Mathieu Barbances, lui  nous parle d’un nœud sociétal : les différences sémantiques pas toujours amusantes entre le féminin et le masculin (« Pom pom pom »).

Pour finir le piquet qui est le support de l’instrument au sol. Et qui correspond à une réflexion piquante sur certains jouets de notre enfance le conditionnement qu’ils induisent pour l’âge adulte. (« Poupée trauma »).

Pour résumer »Tout contre » est un album harmonieux, bien accordé et bien construit. Mathieu Barbances nous offre son univers à lui et démontre qu’il possède beaucoup de cordes à sa contrebasse : humour, poésie, tendresse, nostalgie, ironie, esprit critique et une ouverture manifeste sur le monde.

Un très bel album à découvrir.

 

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